ARCS
Fabrication des arcs ''Primitifs''
Gery BONJEAN & Emmanuel MARTIN

LES ARCS SIMPLES 1/2

Avant-propos

Il y a quelques années, je tombais sur la traduction du livre de Jim Hamm ‘L’arc indien’ en fouillant comme d’habitude le petit rayon ‘Tir à l’arc’ de la plus grande librairie de ma ville. J’ai lu et relu ce livre et petit à petit je me suis décidé à faire mon premier arc. A l’automne je suis donc parti dans les bois pour couper un frêne. Un tour à la brocante pour trouver un bon vieux rabot, et les premières flèches sont parties de mon premier arc. J’ai toujours cet arc aujourd’hui. Je me suis dit ‘’facile il ne reste plus qu’à faire mieux’’. Faire mieux ! C’est là que les problèmes commencent. J’ai donc cherché à rencontrer des amateurs ayant la même approche que moi, peine perdue, nous ne sommes pas assez nombreux. J’ai donc fouiné pour d’autres livres. Très vite je me suis aperçu que la littérature française est très pauvre sur ce sujet. Mis à part la reprise en fin du livre de Robert Roth ‘’Histoire de l’archerie’’, de sa petite brochure qui fut éditée par la FFTA en 1964, mes trouvailles se sont soldées par quelques lignes de-ci de-là. N’ayant pas trop de problème en anglais et accès à Internet, j’ai comme l’on dit ‘’surfer’’ sur le web et trouvé quelques sites, du reste principalement américains. Ces recherches m’ont permis de me documenter et d’acquérir des ouvrages spécialisés édités en Angleterre et aux USA.

Le but de ce livre n’est sûrement pas de jouer au professeur ou de gagner de l’argent, il est un moyen de communication. En partageant ma passion avec vous, j’espère que ce livre vous permettra de vivre le plaisir de tirer avec un arc de votre fabrication. Je ne suis ni un chasseur, ni un compétiteur et le plaisir procuré par cette passion se situe à un autre niveau. En temps que hobby il me permet d’échapper au rythme qu’impose la vie. J’aime flâner en forêt avec mon arc tirer quelques flèches, manger des fraises des bois ou ramasser des champignons. J’aime travailler le bois dans mon atelier en faisant abstraction du temps qui passe. Et j’aime échanger avec des amis des idées, des expériences. La vie me semblerait bien morne s’il n’existait pas les passions, qui comme les utopies, permettent de faire avancer les choses.

En lisant les ouvrages sur la fabrication des arcs primitifs, je me suis aperçu des nombreux points de désaccord entre les auteurs. Mon intention n’est pas de définir une nouvelle vérité mais simplement de partager mes expériences afin de vous faciliter la construction de votre arc. J’espère intimement qu’en communiquant par le livre j’aurai plus de contacts avec vous, les quelques passionnés d’aujourd’hui et de demain.

Ces quelques pages traitent de l’arc simple, c’est-à-dire de l’arc fabriqué à partir d’une simple pièce de bois ou deux, raccordées à la poignée. Cette définition correspond aux arcs que nous avons faits ou que notre père nous a fabriqués en coupant une branche de noisetier au cours de promenades ou de vacances. En réalité la définition de l’arc simple est bien plus ancienne que cela. Le terme vrai serait arc primitif mais ‘’primitif’’ est parfois péjoratif. Il y a plusieurs milliers d’années, après avoir inventé la lance puis la lance à propulseur l’homme inventa l’arc. Une révolution car cet outil fut le premier à permettre d’emmagasiner l’énergie afin de la restituer par la suite. L’arc fut donc un tournant pour l’homme vers les armes modernes. En anglais l’arc simple est appelé ‘selfbow’ la traduction littérale serait ‘l’arc se suffisant à lui-même’.

Un terme courant dans le milieu de l’archerie est le mot : longbow. Le ‘longbow’ ou arc long peut être un selfbow s’il est réalisé en bois massif non lamellé. Le longbow est un arc droit qui mesure environ 70 pouces (1 pouce = 2,54 centimètres). Le longbow type est l’arc anglais en if qui a causé tant de pertes aux armées françaises à Crécy, Poitiers et Azincourt.

Le ‘flatbow’ ou littéralement arc plat peut aussi être un selfbow, il est généralement plus court que le longbow et se caractérise par la section de ses branches plus larges qu’épaisses. Le flatbow est par exemple l’arc des indiens d’Amérique qui, du reste, en renforçaient souvent le dos avec une couche de tendons. Ces tendons améliorent considérablement les performances des arcs indiens.

De nos jours le mot longbow correspond à un arc droit composé d’un sandwich de lamelles de bois collées entre deux couches de fibre de verre. Ces nouveaux longbows sont du reste de plus en plus courts, certains ne font qu’une soixantaine de pouces. Ils possèdent aussi une fenêtre afin de laisser passer la flèche plus au centre de l’arc comme sur tous les arcs modernes.

L’expression utilisée aux États Unis ‘’Primitive Archery’’ correspond à un mouvement marginal en expansion depuis les années soixante-dix, quatre-vingt. Les acteurs de cette tendance sont surtout des chasseurs lassés des techniques modernes, recherchant, une plus grande authenticité, un lien plus étroit avec la nature, un retour aux sources. Cette démarche passe par la fabrication et l’utilisation d’arcs et de flèches primitives. Primitif pour eux veut dire réaliser et utiliser un équipement ne faisant en aucun cas appel aux outils ou matériaux modernes. Leurs équipements font références aux armes des indiens et leurs arcs sont le plus souvent des flatbows. Ils sont composés de matières naturelles, animales, végétales et minérales. Ces archers chasseurs ont leur magasine : PRIMITIVE ARCHER.

En Angleterre, l’autre haut lieu de tradition pour l’arc simple, la chasse à l’arc est interdite. La conservation du tir à l’arc traditionnelle est passée par la pratique de tir à la cible en utilisant les règles définies la British Long-Bow Society. Ces règles très strictes ont permis de figer l’évolution du fameux longbow anglais. Le longbow anglais se caractérise par une taille d’environ soixante-dix pouces de haut, il est en bois sans adjonction de fibre de verre avec des poupées en cornes et ne possède pas de repose flèches. Très souvent ces longbows sont composés d’un collage de deux ou trois essences de bois différentes.

Ces pages ont été écrites aux quatre coins de la planète, sur mon ordinateur portable dans des chambres d’hôtel, des avions, des trains et le soir auprès de ma femme sans qui ce livre n’aurait jamais existé. Cette phrase je l’ai écrite dans une chambre à Sydney, ce qui est amusant en soi car l’Australie est un des seuls endroits où l’arc n’a pas de passé. En effet on retrouve des traces d’archerie ancienne pratiquement partout sauf en Océanie et aux Antilles. En Australie les aborigènes utilisaient des lances à propulseurs, des boomerangs mais pas d’arcs.

Si ces pages traitent principalement des arcs primitifs je ne fais pas pour autant une allergie aux arcs modernes. J’ai la chance de posséder quelques beaux longbows d’artisans avec lesquels j’aime tirer.

La mécanique de l’arc

Lorsque vous regardez la tranche coupée d’un tronc ou d’une branche vous pouvez découvrir à l’extérieur l’écorce, puis sous elle, le bois composé de cernes concentriques. Les cernes extérieurs, appelés aubier, sont les plus jeunes alors que ceux du centre, les plus anciens, composent le duramen. L’aubier est plus tendre que le duramen. Dans toutes pièces de bois il est techniquement possible de réaliser un arc, mais pour faire un arc qui fonctionne durablement avec des performances raisonnables il est indispensable de comprendre comment mécaniquement il fonctionne.

L’extérieur de l’arc est appelé le dos, c’est la surface qui se trouve face à la cible en position de tir. La surface faisant face au tireur est appelée ventre. Pour tous les arcs le dos travaille à l’étirement à l’inverse du ventre, qui lui, travaille à la compression. De cette constatation découle la fabrication des arcs composites, c’est l’exemple de l’utilisation des tendons, résistant très bien à l’étirement, sur le dos des arcs des indiens d’Amérique. D’autres fabricants ont utilisé l’os pour réaliser le ventre de leurs arcs, car ils résistent bien à la compression. Pour bien comprendre le phénomène des forces opposées entre dos et ventre imaginez que l’on plie l’arc jusqu’à faire toucher ensemble les deux poupées, cela formerait un cercle et la longueur du dos serait supérieure à celle du ventre, donc le ventre serait bien compressé et le dos étiré.

Les forces d’étirement dans le dos de l’arc et les forces de compression dans le ventre mettent à rude épreuve le bois composant l’arc simple.

 

Plus l’arc sera puissant plus le couple, compression, extension sera important et donc plus le choix du bois composant l’arc sera délicat. La puissance de l’arc n’est pas le seul facteur, un phénomène mécanique important influençant aussi beaucoup la durée de vie de l’arc est la flexibilité. Quand l’on arme un arc à son allonge, c’est-à-dire quand on amène la corde à son visage, il décrit un arc de cercle. Plus l’arc sera petit en taille plus la courbure réalisée en l’armant, aura un petit rayon, plus près des limites d’élasticité vous serez. Le bois n’est que du bois et l’on a tous testé ses limites élastiques en cassant une branche sur ses genoux. Le remède le plus simple afin de limiter les risques de casse et d’agrandir le rayon de courbure en agrandissant la longueur de l’arc. En d’autres mots la dimension de l’arc est un facteur primordial qui permet de limiter les efforts de déformation. A puissance et allonge égales un arc de grande taille subira de moins fortes contraintes qu’un arc court.

Ce n’est pas un problème me direz-vous, faisons des arcs longs qui du reste sont plus précis que les courts. Dans certains cas un arc long ne convient pas. Les deux exemples courants sont les cavaliers et les chasseurs. Les cavaliers parce que les chevaux ont un coup et une tête gênante pour faire passer l’arc d’un côté à l’autre, utilisaient pratiquement toujours des arcs courts et donc corrigeaient leur fragilité en utilisant des arcs composites (bois, tendons, corne, os, …) ou limitaient leurs allonges en tirant des flèches courtes. Les cavaliers japonais quant à eux utilisent et utilisaient des arcs asymétriques, leurs branches inférieures étant nettement plus courtes que les supérieures. Un grand arc ne convient pas non plus aux chasseurs, difficile de se faire discret dans un bois avec pour arme un arc de deux mètres de long qui bute de partout.

Les corps des trois arcs a, b et c, soumis à une même allonge, ne subissent pas, de toutes évidences les mêmes déformations. Le corps de l’arc c, le plus petit, doit fléchir beaucoup plus que le b qui lui-même fléchit plus que celui du a pour une même allonge.

 

Mis à part ces problèmes de résistance à l’étirement, à la compression, de flexibilité, un autre facteur primordial intervient, c’est la nervosité des matériaux composant l’arc. En effet la vitesse d’expulsion de la flèche est proportionnelle à la rapidité avec laquelle l’arc reprendra sa forme lors de la libération de la corde. En d’autres termes non seulement le dos de l’arc doit résister à l’étirement et le ventre à la compression mais il faut aussi qu’à la libération de la corde il reprenne le plus rapidement possible sa position initiale.

Sur les arcs modernes, le dos et le ventre sont recouverts de fibre de verre. Cette conception autorise un choix beaucoup plus large d’essence de bois. Malgré tout, les artisans facteurs d’arcs (longbows et recurves) utilisent pour leurs pièces de haut de gamme les mêmes bois que le fabricant de selfbow. Le bambou excepté car les techniques décrites dans ce livre ne lui sont pas adaptées. Au Bhoutan par exemple les selfbows sont réalisés en bambou.

Le roi des bois d’arc, l’if est très souvent présent dans les jardins publics ou prés des églises.

 

 

Le bois

Vu les remarques du chapitre précédent peu d’essences de bois réunissent toutes les qualités nécessaires pour fabriquer des arcs simples de qualité. L’ébéniste, dont une grande partie du métier consiste à connaître le bois, utilisera différentes essences de bois suivant des critères de résistance, d’esthétique et autres. S’il connaît bien le bois dans la pratique de son métier, il l’utilise pratiquement toujours comme une matière statique. Je veux dire qu’il ne demande pas à une table ou à une porte de résister à la flexion ou d’être élastique. Pour fabriquer un arc simple le bois a besoin d’avoir, en plus des qualités statiques, des qualités dynamiques. Le meilleur de tous les bois, pour fabriquer un arc simple, est sans aucun doute l’if. Il a la particularité de permettre la réalisation d’arcs simples possédant les avantages d’un arc composite. En effet l’aubier de couleur claire possède des caractéristiques mécaniques parfaites pour la réalisation du dos de l’arc et le duramen de couleur brun rouge est parfait pour le ventre de l’arc. De plus ses couleurs sont magnifiques et sa surface une fois polie attire la main. La mauvaise partie pour l’if est qu’il est difficile à se procurer. Les raisons de cette difficulté sont multiples. L’if est un poison pour le bétail et plus particulièrement pour les chevaux et les chèvres, donc depuis des générations les fermiers et les éleveurs les ont coupés. Les Anglais en ont acheté beaucoup en France, en Italie et en Espagne pour réaliser leurs longbows avec lesquels ils ont combattu les arbalétriers français. Le meilleur des ifs est un if qui a poussé lentement et en altitude afin d’avoir un grain fin, cet if de trente centimètres de diamètre a couramment plus d’une centaine d’années. L’if est un arbre très noueux donc il est rare de trouver les deux mètres droits et sans défaut permettant la réalisation d’un arc en une pièce. Beaucoup de longbows en if sont réalisés en deux pièces raccordées à la poignée. Il n’est pas rare de se servir des branches d’if comme matière première car les branches des gros ifs sont bien souvent d’un diamètre suffisant pour tailler un ou deux arcs. Aux USA il est possible d’acheter des chevrons d’if sélectionnés pour la fabrication d’arcs simples, ce bois vient principalement des forêts de l’Oregon. Si l’if est le meilleur de tous les bois d’arc c’est aussi le plus cher chez les marchands de bois pour archerie. En France tous les facteurs d’arcs que j’ai rencontrés conservent jalousement les quelques billes d’if qu’ils possèdent et sont très réticents à donner la moindre indication sur l’origine de leur bois. Cherchez donc par vous-même, vous n’en serez que plus heureux et plus respectueux lorsque vous trouverez votre if. L’if sur pied n’est pas un bois très cher, dans ma région le mètre cube se vend entre deux et trois mille francs. Le prix rapporté à une bûche de deux mètres le long par vingt cinq centimètres de diamètre, est d’environ deux cents francs. Si la bûche est belle vous pourrez réaliser six arcs dedans donc chaque arc vous coûtera moins de cinquante francs.

L’osage est sans doute l’essence qui suit l’if dans la hiérarchie des bois d’arc, malheureusement pour nous, il ne pousse pas en Europe. Seuls les voyageurs, les débrouillards ou les fortunés sauront se procurer un chevron d’osage. L’osage est de couleur jaune et se fonce en vieillissant. L’osage était l’essence préférée des Indiens d’Amérique. Bien des facteurs d’arcs simples considèrent l’osage comme le meilleur bois. Il est possible d’acheter un chevron d’osage par correspondance aux USA, mais c’est un coup de poker si vous n’avez pas un ami sur place qui sait le choisir pour vous. L’osage, comme l’if, est un bois noueux, il n’est pas facile de trouver un chevron d’une qualité suffisante pour réaliser un arc simple, surtout si vous êtes débutant.

Heureusement il y a d’autres bois bien plus faciles à trouver comme par exemple le frêne. Le frêne est intéressant car en plus d’être très commun, il est très facile à travailler. Le frêne fut très souvent utilisé pour la réalisation d’arcs et dans certaines régions de France le frêne est appelé ‘bois d’arc’. Ses bonnes qualités mécaniques ont depuis longtemps été reconnues dans d’autres domaines que celui de l’archerie comme pour la réalisation des manches d’outils ou de skis.

Les techniques de fabrication d’arcs simples ne varient que très peu d’un bois à l’autre et donc je vous conseille de faire vos premiers arcs en frêne. J’écris ‘vos premiers arcs’ car je pense que comme pour moi après le premier il y aura le suivant et les autres. Parmi les essences courantes en France et compatibles à la fabrication d’arcs il y a aussi le robinier couramment appelé acacia. Le robinier est un bois lourd et dur comme le chêne alors affûtez bien vos outils. Si vous choisissez un robinier essayez d’en trouver un dans un terrain pauvre et caillouteux, car s’il pousse dans une terre riche il grandit trop vite et ses cernes de croissance seront trop épais pour permettre la réalisation d’un bon arc. J’ai vu des bûches de robinier ayant des cernes de près d’un centimètre d’épaisseur.

Avant d’aller plus loin il faut que je reconnaisse mes convictions, pour moi la construction d’un arc commence dans la forêt. Bien sûr j’ai acheté quelques plateaux de frêne chez les marchands de bois et j’ai taillé des arcs dedans, les résultats ont été décevants. Je pense qu’il est indispensable de connaître son bois, c’est à dire de savoir où il a grandi, à quelle période il a été coupé, comment il a séché et tout le reste. Quand vous aurez passé plusieurs heures sur un morceau de bois et que vous le casserez dès les premiers essais, vous penserez peut être comme moi et vous voudrez tout faire pour éviter que cela ne se reproduise. Comprendre les raisons d’un échec pour en tirer une expérience est très difficile si l’on ne contrôle pas le processus du début à la fin. En un mot la construction d’un arc commence à la coupe de l’arbre.

Si vous n’êtes pas un expert en bois vous trouverez ci-dessous quelques informations afin de vous aidez à identifier les arbres recherchés.

L’if

IF ou yew en anglais et taxus baccata en latin.

L’if est un conifère de 10 à 15 mètres de haut pouvant atteindre un diamètre de tronc de plus d’un mètre. Le tronc est irrégulier souvent cannelé et sinueux. Son feuillage persistant composé d’aiguilles d’un à quatre centimètres est d’un beau vert foncé. Son écorce brune devient de couleur brun gris en vieillissant, formant des plaques. L’if mâle porte des petits chatons jaunes sous ses rameaux. L’if femelle porte des petits bourgeons verts. Les fruits appelés arilles en forme de petites boules rouges d’environ un centimètre de diamètre avec un cône en creux où se loge la graine sombre et dure, sont à maturité à l’automne. L’if peu gourmand en lumière se plaît dans des éboulis et à l’abri des sapins et des hêtres. D’une croissance lente surtout en altitude et sur terrain pauvre il peut atteindre des âges respectables de plus de mille ans. On trouve des ifs partout en Europe aussi bien en plaine qu’en montagne jusqu’à 1800 mètres. Le bois d’if se compose d’un aubier clair et un duramen brun rouge, il est utilisé en tournerie, marqueterie et sculpture. Il fut aussi très utilisé pour la réalisation des arcs anglais à la fin du Moyen Age.

Souvent les écorces des ifs sont plus lisses que celle de celui-ci, mais pratiquement toujours des petites branches repartent du tronc.

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Quelques feuilles d’if avec au centre de la photo un fruit appelé arille. Cet if est donc un arbre femelle.

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Le frêne

Frêne ou ash en anglais et fraxinus en latin.

Ce feuillu caduque s’élève généralement à 25 mètres mais peut atteindre une quarantaine de mètres. Ses feuilles, de 20 à 30 centimètres sont composées de pennées de 9 à 13 folioles pointues de 5 à 10 centimètres de long, vertes foncées dessus et plus claires dessous. Son écorce verte et lisse sur les jeunes frênes devient gris-vert et fissurée longitudinalement en vieillissant. Les frênes aiment la lumière et fourchent le plus souvent à la suite de gelées. Le frêne se trouve pratiquement partout en Europe mis à part les extrêmes Sud et Nord. Cet arbre très courant en France vit environ 200 ans. Son bois blanc, dur et élastique est utilisé pour l’ébénisterie, la menuiserie et pour la menuiserie mécanique pour les pièces de résistances et de flexions telles que les manches d’outils. Autrefois le frêne fut utilisé pour les arcs, les javelots et les skis. Il est aussi un bon bois de chauffage donc pas de problèmes avec vos échecs, les copeaux sont parfaits pour allumer votre barbecue.

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L’écorce du frêne change beaucoup suivant son âge. Sur la photo de droite un jeune frêne ayant une quinzaine d’années alors que celle de gauche montre un frêne de plus de trente ans.

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Deux feuilles posées au sol encadrant les fruits, le frêne est un arbre facile à identifier.

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Le robinier

Robinier couramment appelé acacia ou robinia en anglais et robinia pseudacacia en latin.

Cette autre feuillu caduque s’élève jusqu’à une bonne vingtaine de mètres. Ses feuilles, de 20 à 30 centimètres sont composées de pennées de 9 à 25 petites folioles ovales de moins de 5 centimètres de long, vertes claires. Son écorce lisse et grise devient rugueuse et crevassée en prenant de l’âge. Le robinier aime la lumière et résiste bien au froid il grossit vite durant ses premières années et une vie de 300 à 400 années ne lui fait pas peur. Cet arbre fut importé d’Amérique au dix-septième et après une période de plantation il se répandit spontanément à travers toute l’Europe. Le robinier n’est pas difficile et se contente d’un sol pauvre, sol qu’il enrichit du reste grâce à ses feuilles riches en azote. Son bois jaunâtre, lourd et résistant qui fut utilisé en charronnage autrefois, est, de nos jours, surtout destiné à la fabrication de piquets.

L’écorce du robinier épaissit beaucoup avec l’âge en se crevassant. Il n’est pas rare de trouver de grosses épines sur les troncs des arbres jeunes.

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Voici quelques feuilles de robinier qui pendent au gré du vent.

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Pour clore ce chapitre choix du bois il reste à signaler des bois exotiques tels que l’hickory, d’une bonne qualité mécanique et relativement facile à trouver chez les marchands de bois spécialisés et le lemonwood qui est utilisé en Angleterre par les fabricants de longbow traditionnels. Voici une liste des noms des essences de bois en français avec leurs traductions en anglais que j’ai établi au cours de mes lectures. Tous ces bois sont utilisés pour la fabrication d’arcs simples, mais tous ne sont pas aussi parfait que l’if.

 

Nom en français

  Nom en anglais

Bambou

  Bamboo

Bouleau

  Birch

Cèdre

  Cedar

Cerisier

  Cherry

Châtaignier

  Sweet chestnut

Chêne

  Oak

Erable / Sycomore

  Maple / Sycamore

Frêne

  Ash

Genévrier

  Juniper

Hickory

  Hickory

If

  Yew

Lemonwood

  Lemonwood

Marronnier d’inde

  Horse chestnut

Marronnier

  Chestnut

Mûrier

  Mulberry

Noyer

  Walnut

Orme

  Elm

Orme de montagne

  Wych elm

Osage

  Osage orange

Robinier / Faux acacia

  Black locust

 

La coupe

Le début de la construction commence là et à partir de maintenant les erreurs vont être possibles. Sans pour autant être mystique un arbre est vivant et de plus celui que vous chercherez aura au minimum cinquante ans ce qui est un âge respectable. Le bois de qualité est rare même si vous cherchez simplement un frêne ou un robinier. Il vous faut trouver un tronc, d’un diamètre de 20 à 30 centimètres, droit avec le moins de nœuds possibles sur une longueur de deux mètres environ. Si vous trouvez plus long coupez plus long bien sûr. Dans ma région je pense qu’un frêne sur cinquante convient. Les robiniers ont un tronc naturellement plus droit, un sur vingt fera un bon bois d’arc. Pour l’if c’est beaucoup plus difficile, un sur trois ou quatre cents est plus réaliste.

Attention un tronc peut sembler parfait mais il sera absolument impropre pour faire un arc si son bois est vrillé. Dans le bois il y a des fibres longitudinales, on dit qu’il est vrillé si ces fibres sont en hélice autour de son axe vertical. Un arc réalisé dans un bois vrillé aura des branches qui fléchiront latéralement en pivotant sur elles-mêmes. Cet arc sera complètement irrécupérable, je le sais j’ai fait l’expérience. La nature est bien faite car en regardant l’écorce vous pouvez neuf fois sur dix éviter ce genre de problème. Les écorces des vieux frênes et des robiniers sont fissurées et crevassées, ces reliefs sont dans l’axe du tronc pour un bois de qualité. Si ces reliefs sont inclinés vous pouvez chercher un autre arbre car il y a de fortes chances que le bois soit vrillé. La vrille sur un tronc d’if ne se voit pas à l’écorce mais à la géométrie des reliefs, en effet l’if possède rarement un tronc cylindrique mais un tronc avec des excroissances longitudinales. Si ces excroissances ne sont pas dans l’axe vertical du tronc laissez donc vivre cet arbre. Si vous ne pouvez pas aller couper votre bois et que vous utilisez un plateau ou une pièce de bois, le plus souvent vous n’aurez pas l’écorce pour vous aider. En regardant après ponçage d’un cerne extérieur vous pourrez distinguer les fibres longitudinales du bois, si elles sont dans l’axe de votre pièce de bois c’est bon, si non utilisez ce bois pour autre chose.

Le bois de ce robinier ne convient pas à la fabrication d’un arc. Son écorce démontre que son bois doit être vrillé.

 

La plupart des fabricants d’arcs simples coupent le bois à l’automne quand la sève s’arrête, leur argument est que de cette manière le bois se fend moins au séchage. Pour ma part je n’ai pas encore remarqué de grande différence entre des bois coupés à la fin de l’été et ceux coupés à l’automne. Mon problème est de trouver le temps disponible pour chercher et couper le bois, la période des vacances d’été est le bon compromis.

Quand vous coupez votre arbre n’hésitez pas à couper plus long que la longueur de l’arc désiré car d’une part quand vous dessinerez l’arc sur le chevron vous pourrez peut-être éviter un nœud ou une fissure et d’autre part, il est fréquent que le bois se fende un peu sur quelques centimètres aux extrémités de la bûche.

Pour clore ce chapitre parlons un peu des outils. Je ne suis pas un fanatique de la tronçonneuse, me promener dans les bois avec un bidon d’essence et supporter le bruit, gâche une bonne partie de mon plaisir. Je préfère nettement les scies et les haches. Pour le frêne et l’if une scie est suffisante, mais pour le bois dur du robinier je vous conseille malgré tout la tronçonneuse. D’autre part le bois de robinier étant très lourd si vous devez le transporter sur une grande distance je vous conseille de le refendre sur place. Même à deux une bûche de robinier de trente centimètres de diamètre sur deux mètres de long est intransportable. N’oubliez pas d’emmener aussi une bonne corde elle vous sera utile pour vous aider à faire tomber l’arbre au plus près du côté choisi. Une fois la bûche prête à être transportée je m’assure toujours de débiter les branches et la tête de l’arbre laissées sur place afin que la nature reprenne sa place au plus vite après mon passage.

 

J’aime me promener en regardant les bois comme ici devant ce bosquet de frênes.

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Le séchage

Vous avez maintenant ramené votre ou vos bûches chez vous. Si vous n’êtes pas pressé stockez les entières vous pourrez les débiter plus tard. Le stockage des billes demande tout de même quelques précautions. Il faut que les deux extrémités soit dressées. Je veux dire que si vous avez coupé votre arbre en plusieurs coups de scie, il est bon de rectifier la tranche en sciant proprement les extrémités. Une fois recoupée, passez deux couches de colle à bois (colle blanche) à vingt-quatre heures d’intervalle sur les tranches. Cette colle évitera un séchage trop rapide de la bûche qui ne manquerait pas de se fendre. La colle, tout comme un bouchon d’une bouteille laisse respirer le vin, permet au bois de sécher mais plus lentement. Stockez vos bûches dans un endroit sec, ventilé et à l’abri de la lumière direct du soleil. Placez des petites cales entre vos bûches pour permettre à l’air de circuler et attendez un minimum de trois ans si vous le pouvez. Cette méthode n’est pas la seule vous pouvez aussi débiter votre bois en chevrons immédiatement en suivant les informations ci-dessous.

Pour débiter les billes en chevrons je connais deux écoles. La première est de refendre les billes à l’aide de coins et d’une masse. Cette opération est simple et a pour avantage de savoir immédiatement si le bois n’est pas vrillé. En effet en refendant la bille avec les coins, on suit automatiquement le fil du bois, si ça part en hélice vous n’avez plus de bois d’arc mais des bûches pour le feu. Une bille de bois vert se refend en partant du gros bout, la base de l’arbre. Ne faites pas l’inverse car en attaquant par le petit bout, votre bûche a toutes les chances de se refendre en biseau. L’inconvénient de cette méthode est qu’elle n’est pas bien précise et qu’elle entraîne des pertes de bois, vous vous en rendrez vite compte en refendant votre bois. Vous voulez que le bois se fende là et il se fendra comme par malice à un autre endroit. Si vous refendez une bûche déjà sèche c’est la seule solution pour savoir si le bois est vrillé pour une personne non expérimentée. Si vous refendez une bûche sèche, recherchez si elle est déjà fendue si c’est le cas et même si elles sont situées du petit côté de la bûche (cotée branches) refendez suivant ces faiblesses. La deuxième méthode est celle de la scie à ruban. Le sciage de la bille est la meilleure pour économiser le bois mais par contre vous ne saurez pas de suite si votre bois est vrillé. Il vous faudra attendre quelques mois de séchage pour le savoir. S’il est vrillé votre chevron scié prendra la forme d’une hélice au séchage, auquel cas votre bois sera déjà sec pour le feu. Pour ma part je préfère la première méthode car elle me permet de commencer à découvrir les bosses et les creux, les nœuds cachés, car le bois se fend suivant ses faiblesses contrairement à un sciage bien droit. De toute façon je n’ai pas de scie à ruban alors que j’ai deux coins et une masse. Si vous n’avez jamais refendu du bois à l’aide de coins pensez bien à acheter deux coins car l’un sert à décoincer l’autre.

Refendez votre bille en deux puis encore en deux pour les billes d’un diamètre autour de vingt centimètres ou en trois ou quatre pour les plus grands diamètres. Le but est d’obtenir des chevrons triangulaires dont la surface avec l’écorce mesure entre dix et quinze centimètres de large. Bien sûr vous tenterez de dégager des chevrons sans nœuds en positionnant au mieux vos coins.

Passons maintenant à l’écorçage, allez doucement sans entailler le bois car pour certaines essences comme le frêne la surface sous l’écorce peut être le dos de votre arc. Si vous coupez votre bois à la fin l’été l’écorçage est un plaisir car la sève vous permet de détacher l’écorce à la main sans effort. Vous n’êtes pas obligé d’écorcer vos chevrons, par exemple j’ai écorcé des chevrons de robinier, pourtant coupés à l’automne et j’ai obtenu de profondes fissures dans l’aubier après juste deux mois de séchage. Heureusement ces fissures se sont arrêtées dans l’aubier que l’on doit retirer pour faire un arc en robinier. Maintenant, à l’aide d’un rabot, enlevez les trois coins de votre chevron afin de réduire les masses à sécher car ils n’ont aucune utilité. Ne cherchez pas à réaliser un chevron parfait, il n’existe pas.

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Sur un dessin tout est parfait et tout paraît simple. Premièrement la bille est refendue en deux puis encore en deux ou trois en fonction de son diamètre extérieur.

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Du refend, à l’aide d’un rabot, on tirera le chevron à faire sécher. Trop gros il sera long à sécher, trop petit il limitera le choix de l’arc à réaliser.

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Conservez le maximum de matière afin d’avoir ensuite plus de choix pour réaliser votre arc. Une fois coupé c’est trop tard, pas moyen de corriger une erreur. A la fin de cette phase vous obtiendrez des chevrons de sections proches du carré. Ils auront une section entre cinq par cinq et dix par dix centimètres sur plus ou moins deux mètres de long. Reste maintenant à les stocker à l’ombre dans un endroit frais et ventilé, mettez des petites cales entre eux pour permettre à l’air de circuler autour. Je passe toujours deux couches de colle à bois (colle blanche) à 24 heures d’intervalle sur les bouts des chevrons car sans cela ils se fendent. D’autres utilisent de la peinture, pour moi la colle blanche fonctionne bien donc je n’ai pas de raison de tester d’autres solutions. Combien de temps de séchage ? Bonne question, Il est sûr que laisser sécher un chevron est moins long qu’une bûche entière. Certains disent minimum trois ans. J’imagine votre impatience, trois ans c’est long rassurez-vous d’autres et pas des moindres comme Ishi (voire bibliographie ‘Ishi’) construisent des arcs quelques jours ou semaines après avoir coupé l’arbre. J’ai taillé mon premier arc dans un frêne coupé depuis seulement deux mois et plusieurs années après il n’a pas pris une ride et fait toujours ses trente huit livres à vingt huit pouces avec un suivi de corde d’un pouce. Le suivi de corde, en anglais ‘string follow’, est la distance qui sépare la poignée côté ventre de la ligne droite fictive qui passe par les deux poupées, l’arc étant débandé. En d’autres mots quand vous débandez votre arc il garde une courbure. Certains fabricants affirment qu’un arc en bois vert a plus de suivi de corde qu’un bois sec, techniquement je les crois, mais pratiquement je n’ai pas fait l’expérience pour tous les bois. Avec l’if c’est sûr il faut attendre.

En résumé, si vous avez coupé un super if, prenez votre temps et laissez-le sécher trois ans, et en attendant faites-vous la main avec des bois plus communs. Si vous avez coupé plusieurs bûches faites comme moi et testez en même temps plusieurs méthodes. Par exemple refendez une partie de votre bois et conservez l’autre partie en bûches entières. Certain bois comme celui du robinier se refend beaucoup mieux quand il est frais.

Le véritable problème de la fabrication des arcs simples est d’avoir du bois de qualité bien sec. Pensez si c’est votre première expérience qu’il vous faut vous constituer un stock de bois. Pour ma part je note pour mes bûches et mes chevrons les dates de coupe des arbres. Là encore il y a un parallèle à faire avec le vin. Une bonne bouteille sera conservée plus longtemps que celle de vins courants et ne sera ouverte qu’à une grande occasion. Commencez par acquérir votre expérience avec des bois courants et gardez vos meilleures pièces pour plus tard.

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Trois chevrons d’if à gauche puis trois chevrons de robinier. J’ai mis deux ans à trouver ces magnifiques bois d’if de 2 mètres de long sans nœud.

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Les outils

En fait, si vous êtes un puriste, une ou deux pierres taillées et vous avez les outils qu’utilisaient nos ancêtres et avec lesquels ils ont construit des milliers d’arcs. Plus proches de nous il y a tous les outils à bois qu’utilisaient nos grands-parents. Et maintenant il y a tous les outils du bricoleur contemporain, qui font du bruit, qui ont besoin d’électricité, mais qui sont diablement efficaces. Comme ils sont rapides les erreurs arrivent aussi beaucoup plus vite. Pour ma part j’aime beaucoup les outils de nos grands-pères, rabots en bois, planes, ciseaux. Je les recherche dans les brocantes et les sauve d’une destinée d’objets décoratifs. J’utilise aussi une ponceuse à bande et une raboteuse portative. L’outillage minimum pour la réalisation d’un arc simple se compose :

ü       D’un mètre

ü       D’une scie égoïne

ü       D’un rabot

ü       D’une plane

ü       D’une ou deux râpes à bois

ü       D’une pierre à huile

ü       De papiers de verre fin et très fin

ü       D’une cale pour le ‘tillering’ (à fabriquer)

Auquel vous pouvez ajouter :

ü       Un racloir ou un couteau de chasse

ü       Des pailles de fer, fine et très fine

ü       Une lime queue de rat (d=2 ou 3 mm)

ü       Un peson pour arc ou un pèse-personnes

ü       Un mètre en pouces évitant ainsi les calculs

Un ou deux rabots, une ou deux planes, un couteau de chasse, une lime et un mètre voici l’ensemble des outils permettant la réalisation d’un arc.

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Le seul outil que vous ne trouverez pas dans le commerce est la cale de ‘tillering’. Le tillering est l’opération qui consiste à équilibrer les branches de l’arc. Tillering serait traduit par réglage ou équilibrage en français. La cale pour le tillering est une barre de bois se calant à l’intérieur de la poignée d’arc et permettant de retenir la corde à différentes allonges afin de contrôler la forme et la symétrie des branches de l’arc. A ces outils vous pouvez rajouter si vous voulez vivre avec votre temps une ponceuse à bande qui est l’outil indispensable de tous fabricants d’arc cherchant à gagner de la productivité. La réalisation de la cale pour le tillering est très simple il vous faudra un morceau de bois d’un pouce par un pouce et d’environ 35 pouces de long. Veuillez vous référer au schéma suivant pour la réalisation de votre cale de tillering. Cet outil spécifique à la fabrication d’arcs est introuvable dans le commerce vu sa simplicité et le peu de clients susceptibles de l’utiliser.

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La barre ou cale de tillering est utilisée lors de l’équilibrage des branches de l’arc pour retenir la corde à différentes allonges.

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Mis à part la cale pour le tillering tout cet équipement est facile à trouver ou fait déjà partie de votre outillage, donc pas de gros investissement. Le peson est un dynamomètre à ressort servant à mesurer la force de l’arc. Si vous ne possédez pas de peson un simple pèse-personnes fera l’affaire mais dans ce cas vous aurez à convertir des kilos en livres.

Dans la liste il y a un mètre et un mètre en pouce. Ce n’est malheureusement pas une erreur les unités standards de l’archerie sont :

Le pouce (ou inch en anglais) pour unité de longueur.

ü       1 pouce est égal à 25,4 millimètres.

La livre (ou pound en anglais) pour unité de force.

ü       1 livre est égale à 454 grammes.

Le grain pour unité de poids de flèche.

ü       1 grain est égal à 0,0648 grammes.

Il est vain de vouloir traduire toutes les cotes en décimal car, par exemple, quand vous voudrez acheter des flèches, tous les abaques sont en mesures anglo-saxonnes. De même pour les cordes on vous demandera la longueur de l’arc en pouces ainsi que sa force en livres à votre allonge en pouces. Pour la construction de votre arc travaillez directement en pouces et pour les mesures de force vous n’avez pas le choix en archerie c’est ‘pound’ ou livre en français. Donc pour les mesures trouvez un mètre roulant en pouces ou fabriquez le, pour un arc simple les mesures ne sont pas trop précises.

Alors, si l’on utilise le pouce comment ça marche ? La seule solution pour utiliser un autre système de mesure est de ne plus faire référence par table de conversion au système métrique car tout devient alors compliqué avec des virgules à n’en plus finir. Est-ce que lire l’heure sur votre montre vous pose problème ? Je pense que non. Mais les problèmes arrivent quand on veut calculer combien de temps il reste sur une K7 vidéo de 3 heures alors que l’on a déjà enregistré un film de 95 minutes et que l’on à besoin d’1 heure et 40 minutes pour un autre. Il en est de même pour les pouces tout va bien lorsqu’il n’y a pas d’opérations.

Un pouce est la mesure de base pour l’archerie. Les longueurs des flèches et des arcs sont en pouces. Plus grand que le pouce c’est le pied qui est égal à 12 pouces. Le pied ou foot en anglais est très peu utilisé dans l’archerie. Plus petit que le pouce ça se complique. La base est 2, on divise par deux pour obtenir plus petit. Donc on a le 1/2 pouce, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32 et le 1/64. Pour la fabrication d’un arc le 1/8 est suffisant. Donc pour réaliser notre règle en pouces il suffit de savoir que le pouce est égal à 25,4 millimètres pour dessiner sur le bord d’une feuille ou graver sur un morceau de bois une dizaine de graduations espacées de 25,4 millimètres, puis tracer les milieux, les quarts et les huitièmes entre chaque graduation. C’est sûr, c’est moins immédiat que le système métrique mais ça n’a pas empêché les Américains de marcher sur la lune. Les fanatiques du système métrique trouveront une table de conversion à la fin de l’ouvrage. Il est aussi possible de trouver des mètres rubans ayant une double graduation pouces/centimètres.

Pour la petite histoire ça devient rigolo quand les Américains ont voulu faire de la précision, ils ont inventé une mesure bâtarde en introduisant un peu de système décimal dans leur bazar. Ils ont créé le millième et le centième de pouce. Ces fractions décimales de pouce sont utilisées en archerie pour mesurer l’épaisseur des plaques de fibre de verre des arcs modernes.

Avant de passer au chapitre suivant un petit mot sur la plane. C’est un outil coupant comme le rabot mais sa lame a le défaut de ne posséder aucune protection. La lame de la plane s’affûte avec une pierre à huile, elle doit être aussi coupante qu’un rasoir. Une plane mal affûtée, au lieu de couper, suivra les fibres du bois un peu comme un coin dans une bûche. Si des enfants fréquentent votre atelier considérez la plane comme un outil dangereux.

 

Le tronc d’un if plusieurs fois centenaire d’un diamètre de plus de 80 centimètres est un magnifique support pour un longbow de 70 pouces.

 

 

 

 

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